Gus Van Sant
Figure de lance d’un cinéma américain indépendant, que l’on découvre en 1989 avec son deuxième film DRUGSTORE COWBOY, dans lequel William Burroughs interprète un prêtre toxicomane, Gus Van Sant devient immédiatement l’étendard d’une nouvelle contre-culture avec un film noir et mélancolique, hanté par la fatalité et l’errance, comme l’était déjà son premier MALA NOCHE, œuvre où se fixait sur la pellicule des motifs qui deviendront l’objet de sa quête : exclusion, adolescence, marginalité, homosexualité, violence sociale. Le crime n’y est jamais spectaculaire : il est intime, banal, inscrit dans une Amérique périphérique que Van Sant filme avec une humanité rare.