Billetterie
Reims Polar
6e FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM POLICIER

Gus Van Sant

Hommage

Figure de lance d’un cinéma américain indépendant, que l’on découvre en 1989 avec son deuxième film DRUGSTORE COWBOY, dans lequel William Burroughs interprète un prêtre toxicomane, Gus Van Sant devient immédiatement l’étendard d’une nouvelle contre-culture avec un film noir et mélancolique, hanté par la fatalité et l’errance, comme l’était déjà son premier MALA NOCHE, œuvre où se fixait sur la pellicule des motifs qui deviendront l’objet de sa quête : exclusion, adolescence, marginalité, homosexualité, violence sociale. Le crime n’y est jamais spectaculaire : il est intime, banal, inscrit dans une Amérique périphérique que Van Sant filme avec une humanité rare.

Quelques années plus tard, MY OWN PRIVATE IDAHO (1991) confirme son talent pour explorer les zones troubles de l’identité et de la marginalité et pour filmer le corps des acteurs, révélant une étoile filante du cinéma américain, River Phoenix, dans une mise en scène où la fragilité des êtres prend le pas sur toute logique de thriller.

« Le suspense peut venir du simple fait de regarder quelqu’un marcher. »

Sans dogmatisme ni principe, Gus Van Sant arpente le cinéma avec une liberté toute personnelle, obsessionnelle : il côtoie les marges les plus expérimentales (on pense à la marche hypnotique de GERRY (2002), à la tuerie de Colombine inspirée du film d’Alan Clarke, dans ELEPHANT, Palme d’or à Cannes en 2003, qui trouve une expression radicale dans son rapport au genre policier, et bien sûr au remake radical plan par plan du chef d’œuvre de Hitchcock PSYCHOSE), mais s’aventure aussi avec succès au cœur du cinéma hollywoodien (PRÊTE À TOUT vaut à Nicole Kidman le Golden Globe de la meilleure actrice en 1996, WILL HUNTING est nommé aux Oscars, et HARVEY MILK, l’histoire du premier homme politique ouvertement homosexuel à occuper une fonction publique majeure en Amérique, reçoit huit nominations aux Oscars).

Gus Van Sant est un éternel affranchi qui cherche sans cesse à se libérer des codes et c’est tout naturellement que le polar a été et continue d’être l’un de ses terrains de jeu favoris.

Son dernier film LA CORDE AU COU, que le public aura la chance de découvrir en avant-première pour l’ouverture de Reims Polar le 31 mars, réussit l’exploit de transfigurer une nouvelle fois le sous genre du film de prise d’otage et de sa violence virile fondatrice. Vortex vintage d’une colère sociale d’aujourd’hui et mythologie masculine revigorée, LA CORDE AU COU est un hommage sensuel et groovy au polar des années 70.

Reims Polar est fier de mettre en lumière le parcours d’un cinéaste dont la vision singulière a contribué à transformer durablement le paysage du cinéma de genre. Pour l’occasion, plusieurs de ses films seront montrés et le réalisateur tiendra une Leçon de cinéma exceptionnelle le 1er avril.