Hommage
Figure de lance d’un cinéma américain indépendant, que l’on découvre en 1989 avec son deuxième film DRUGSTORE COWBOY, dans lequel William Burroughs interprète un prêtre toxicomane, Gus Van Sant devient immédiatement l’étendard d’une nouvelle contre-culture avec un film noir et mélancolique, hanté par la fatalité et l’errance, comme l’était déjà son premier MALA NOCHE, œuvre où se fixait sur la pellicule des motifs qui deviendront l’objet de sa quête : exclusion, adolescence, marginalité, homosexualité, violence sociale. Le crime n’y est jamais spectaculaire : il est intime, banal, inscrit dans une Amérique périphérique que Van Sant filme avec une humanité rare.
Quelques années plus tard, MY OWN PRIVATE IDAHO (1991) confirme son talent pour explorer les zones troubles de l’identité et de la marginalité et pour filmer le corps des acteurs, révélant une étoile filante du cinéma américain, River Phoenix, dans une mise en scène où la fragilité des êtres prend le pas sur toute logique de thriller.